Après que les féministes qui ont le sens des priorités ont obtenu de ne plus être appelées “Mademoiselle”, je prends le relais pour demander que l’on ne m’appelle plus “Madame”. A ceux qui me feront remarquer que je suis un homme, je répondrai : “Justement !”.
Il n’échappe à personne que si la femme devrait être l’égale de l’homme, l’inverse doit aussi être vrai. Mon sujet n’est pourtant pas de m’insurger contre les salles de sport réservées aux femmes qui si elles avaient été exclusives aux hommes auraient vu rugir quelques matrones ; je demande, par contre, que l’on cesse de nier aux hommes la capacité de s’occuper de leurs enfants. J’exige, mais c’est peut-être trop demander, que l’on arrête de soupçonner les pères d’incompétence ménagère, de maladresse atavique en matière de puériculture et d’incapacité congénitale au choix d’un vêtement d’enfant. Je demande donc d’arrêter de les regarder comme des extraterrestres, voir des homosexuels, s’ils ont le malheur de tenter de prendre en main l’équipement ou pire ; l’habillement de leurs rejetons.
Je demande que soient installées des tables à langer dans les toilettes des hommes dans les gares et aéroports, même si cela nous fait un prétexte pour entrer dans les toilettes des femmes. Je demande que l’on puisse préciser son genre sur les formulaires d’inscription des magasins de mode et accessoires enfantins et que cette information soit utilisée pour nous appeler “Monsieur” sur les courriers et courriels. Je demande que soit renommé le “Club des mamans” (club de fidélité des magasins “du pareil au même”, comme s’il n’y avait que des mamans pour acheter des vêtements aux enfants) et que les vendeuses d’enseignes de puériculture arrêtent de penser en premier lieu que les hommes n’osent franchir le seuil de leur magasin que “pour offrir”.
Citation
“Je peux retrouver votre carte de fidélité avec le numéro de téléphone de votre femme”
Un père est une mère comme une autre. Si rien ne remplace un papa ou une maman dans la construction de la personnalité de l’enfant, le rôle du père et de la mère sont parfaitement interchangeables dans la gestion d’une maisonnée. Il n’y en a pas un qui change les couches et l’autre qui pousse la poussette, un qui fait les courses et l’autre qui paie les factures. Un qui sait instinctivement quelle est la bonne température du bain et l’autre qui sait éviter ses doigts en plantant un clou. Un parent seul peut apprendre à tout faire. Avec ou sans talent. Avec ou sans plaisir. Avec ou sans choix.
Il n’y a pas de bonne raison d’éduquer une petit fille à être mère et de refuser à un petit garçon d’apprendre à être père. Il n’y a pas de bonne raison qu’un père seul fasse pitié alors qu’une mère seule fait chier avec ses gosses. Ils ont tous deux les mêmes joies et peines, les mêmes contraintes, les mêmes responsabilités et la même fatigue qu’ils ne partagent pas.
Les mères n’ont pas l’exclusivité du câlin nocturne qui chasse les monstres, du changement de couche ou de draps, de la lessive et du mitonnage de petits plats.
Les pères n’ont pas l’exclusivité de la défaillance, du désintérêt pour leurs enfants, de l’ignorance des besoins d’un nourrisson. Ils ne sont pas les seuls à mourir trop jeune. Pas les seuls à quitter leur famille.
Alors je demande aussi que le paragraphe “Vivre seul avec Papa” ait systématiquement sa place aux côtés de “Vivre seul avec Maman” et qu’il soit traité avec autant de sérieux… et au masculin. Je demande que l’on arrête de penser ou même d’écrire au féminin en rédigeant un article, ou même – et surtout – un bout d’article pour les parents isolés. Je demande que tous les formulaires administratifs prévoient qu’un homme puisse vivre seul avec son enfant.
Je demande que l’on arrête de m’appeler Madame, à la fin !
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Liens complémentaire :
- Le Monde.fr
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