La vérité est-elle quantique ?

tableaunoirquantiqueDepuis que j’ai compris que les philosophes sont des êtres en quête de la vérité, je me demande qui sont ces gens suffisamment étranges pour chercher quelque chose d’aussi relatif. La seule certitude est peut être celle d’une certaine forme d’humilité, car on ne cherche pas ce que l’on croit déjà détenir.

La vérité n’est pas unique et l’expression du débat démocratique nous le montre chaque jour qui voit poindre des branchages de vérités incompatibles, mêlées aux feuillages de la mauvaise foi. Si la vérité est ainsi dépendante de l’individu, de son savoir et de ses croyances, le philosophe, pauvre Sisyphe intellectuel, est condamné à toujours la chercher et à ne jamais la trouver.

Les poètes sont peut être les plus proches de la vérité, car ils ne prétendent pas la connaître. Seule affleure de leurs mots la vérité de leur cœur. Leur vérité est suffisante à l’esthète, car elle exhale de leur âme.

Pourtant, il y a cent ans, un certain Albert Einstein qui cherchait quelque chose de relatif, a réussi à le trouver. Alors, pourquoi la réponse ne se trouverait-elle pas dans dans l’arène des sciences fondamentales ? En effet, la vérité, comme le matou de Shrödinger pourrait tout simplement être un objet quantique. En tous les cas, elle répond à plusieurs principes de la physique quantique.
Tout simplement, c’est vite dit, mais comme la mécanique quantique touche à des éléments physiques, et que nous parlons d’un élément philosophique, nous allons peut être arriver à simplifier. Je me lance avant que vous ne vous mettiez définitivement ma santé mentale en question.

Le principe de superposition.

Shrodinger's cat is...

Petit rappel : Si, en mécanique physique, les choses sont dans un état déterminé (observable, mesurable), en mécanique quantique, elles peuvent être dans une multitude d’états (compatibles ou non) simultanés. Erwin Shrödinger a tenté de l’expliquer grâce à une expérience théorique consistant à mettre un chat dans une boite avec un dispositif ayant une chance sur deux de le tuer (c’est une expérience de pensée : aucun chat n’a été mis en danger : laissez donc BB dans le formol, voulez-vous ?). Tant que la boite reste fermée à l’observation, le chat cumule statistiquement les deux états : il est mort ET vivant à la fois.

Afin d’être bien compris, je vais prendre une vérité arithmétique à peu près admise par tous. Par exemple : 2+2=4 est VRAI.

La mécanique quantique dispose qu’un objet peut être dans plusieurs états simultanés. Tout comme le chat de Schrödinger était mort ET vivant à la fois, notre vérité peut être vraie ET fausse à la fois, ce qui ne nous avance pas beaucoup à ce moment, jusqu’à ce que l’on se heurte à…

L’indéterminisme.

Notre chat est donc dans deux états quantifiables simultanés. Mais si un petit malin ouvre la boite, l’observation implique un choix entre ces deux états : mort ou vivant. La mécanique quantique dispose donc l’indéterminisme des états.

De ce fait, si notre vérité est vraie et fausse à la fois, lorsque l’on voudra la déterminer, elle perdra sa propriété quantique. Ainsi, dès lors que l’on déterminera que 2+2=4 est VRAI, on exclura ses autres propriétés (rappelons que les mathématiques fondamentales se feront un plaisir de montrer que 2+2=4 peut être FAUX grâce à une de ces fabuleuses démonstrations qui font la fortune des fabricants de paracétamol).
La seule façon que 2+2=4 soit une expression de la vérité, et donc de faire exister la vérité elle-même, est qu’elle continue à porter ses états superposés, et donc indéterminés.

L’intrication

L’intrication quantique est un phénomène dans lequel l’état quantique de deux objets est corrélé, quelle que soit l’éloignement entre ces objets. Or, à l’instar des objets quantiques, la vérité présente aussi cette propriété : Si 2+2=4 est une représentation de la vérité, elle est intrinsèquement liée à tout autre objet représentant la vérité (comme, « l’eau mouille », par exemple) dont elle partage les états.

Le principe d’incertitude de Heisenberg

Cela fait sérieux, dit comme ça, mais finalement, c’est très simple : ce principe dispose qu’il est impossible de connaître simultanément deux quantités physiques d’un objet quantique (par exemple, la vitesse et la position d’une particule). Comme le disait Heisenberg lui-même : « Chérie, j’ai garé la voiture, mais je ne sais plus où. »

Plus prosaïquement, plus on tend à la précision dans la mesure de l’un, plus l’on tend à l’imprécision dans la mesure de l’autre. Ainsi, plus la proposition de vérité est courte, plus sa remise en cause est large. Par exemple, « L’eau mouille » implique une infinité de cas particulier qui remettent en cause cette vérité. Une grande précision « L’eau de pluie tombée de 800m par 15°C de température ambiante mouille à 95% une fibre de coton mêlée de 15% de polyester posée perpendiculairement à la trajectoire de la goutte » implique beaucoup moins de possibilités de remise en question.

Dit autrement : plus une vérité est simple, plus elle a de chances d’être fausse.
Une brève de comptoir est une vérité simple. Vous voyez mieux ?

De la relativité

Il est courant de dire que la vérité est relative, ce qui est vrai si elle reste dans le champ de la physique classique. Mais ce qui est faux aussi, car une vérité potentiellement fausse ne peut pas être la vérité. Donc, selon la physique classique, la vérité n’est pas la vérité. Ce n’est pas aujourd’hui que la philosophie fera le lien entre la relativité générale et la physique quantique.

Zut, j’ai failli révolutionner la physique ET la philosophie.

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