Que ce soit un grain de sable qui a quitté une plage paradisiaque pour se coller aux orteils, un petit caillou pointu échappé d’une route goudronnée surchauffée pour s’insinuer dans des chaussures de marche, que ce soit un bout de rocher dans une chaussette de montagne ou un gravier lavé sorti du lit d’une rivière, un caillou dans un soulier, ça gène, ça gratte, ça pique, ça blesse, même, parfois. Un caillou dans un soulier, ça agace parce que ça n’a rien à faire là, que ça oblige à s’arrêter.
Il faut que ça sorte.
Vous consultez actuellement une boite à cailloux. Vous en trouverez de plusieurs tailles : des agaçants et des qui rappellent de bons souvenirs, des qui m’ont vraiment cassé les pieds, des doux, des acérés, des petits et des gros, des insignifiants et des signifiants, des qui m’ont obligé à m’arrêter pour regarder le paysage, le chemin, celui parcouru, celui à parcourir.
C’est une thérapie, un lieu de partage, d’exhibitionnisme comme de pudeur, caché mais accessible, juste pour le plaisir, juste parce que c’est tellement plus beau quand c’est inutile.
Baladez-vous, aimez ou détestez ; mes cailloux ne seront jamais les vôtres ; ils ne marquent que mon chemin, mais je suis venu vous les prêter. Puissiez-vous y trouver votre compte.
Et moi et moi et moi…
Vaste question qui pourrait bien faire l’objet d’un bac blanc de philo, d’interminables séances de méditation pas trop zen, ou encore d’aussi interminables séances de canapé psychanalytique.
Je suis la plume et le marteau de ce blog. Le marteau, celui qui façonne, modifie, paramètre, décode et recode plugins ou templates (vous n’avez pas compris les deux derniers mots ; c’est probablement que vous êtes un peu plus normaux que moi). Je suis la plume parce que ce blog là est le mien. Je l’assume et l’alimente, d’une plume aussi légère que je le puis – mais je ne suis pas le mieux placé pour en juger – à vous les commentaires.
La plume et le marteau. J’aurai pu dire le tournevis, mais tout n’est finalement qu’histoire de clavier. Le mien est noir, ce n’est pas un choix délibéré. Je passe ma journée devant un écran et un clavier, pour le plaisir, mais aussi pour l’argent car je suis aussi un peu informaticophile pour le compte d’autrui.
A l’instar de Bénabar et des Cowboys Fringants, je suis un trentenaire quadraphobe. Je ne vis pas trop loin d’une ville lumière pour en profiter sans m’en réclamer. Je n’ai pas de voiture, c’est-à-dire que je marche pas mal, pédale presque autant et ai l’occasion de lire parce que je conduis rarement le bus ou le métro. Je n’ai pas non plus de télévision, ce qui me donne le temps de rester indifférent à la télé-réalité, de rater sans vergogne tous les matches de foot et principalement ceux du Paris-Saint-Germain qui transforment mon quartier en forteresse pour une finalité qui fera surement l’objet d’un article un jour, de m’intéresser à l’extension tentaculaire des infrastructures ferroviaire – exclusivement celle en bois que mon fils commence à répandre sur le plancher de sa chambre – ou d’écrire pour un blog. Le mien, celui que vous tenez entre vos mains, si j’ose dire ; on ne se méfie jamais assez des métaphores. Prenez votre écran dans vos mains. C’est mieux.
Voilà, vous en savez plus. Peu. Assez.
Cédric Charbonnel



