Tag Archives: Livre

Mots économiques : Loyal

Au contraire des lessives économiques, les mots économiques sont ceux de la plus belle qualité. En quelques lettres, il savent dire tellement qu’ils définissent un univers à eux tout seul. Je ne veux pas de mots qui lavent plus blancs ; je veux ceux qui gardent leur saveur, leur substance. Ceux que les vocabulaires politiques, journalistiques ou marketing n’ont pas encore arraisonné, fait mousser en eau froide ou chaude, sans détériorer les couleurs. Willy Ronis – 1945Vigneron girondin Un mot, au contraire, doit modifier la couleur de son contexte, doit être entachée de détails pour être significatif comme une bonne … Lire la suite

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Ocean’s Songs

Il a les yeux bleus et le regard qui a vu Neptune en face. Il a la couenne burinée et la malléabilité du granit Armoricain qui l’a vu naître. S’il n’avait une grande gueule, il serait un cliché vivant, mais c’est un Breton au lait entier qui l’ouvre quand il pense. On dit alors de lui que c’est « un personnage », pour poliment signifier la répulsion admirative que provoquent les vrais mufles, même quand ils sont un des plus grands coureurs océaniques de leur temps, un des piliers de cette génération au poil blanchi d’âge et d’embruns à qui un certain … Lire la suite

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Crise de philosophie

Ma maman qui a toujours raison sauf quand elle n’est pas d’accord avec moi qui ait toujours raison depuis que je suis un papa, prétend qu’il faut lire « Le petit prince » une fois tous les dix ans. J’opine du chef devant cette affirmation de bon sens tant le petit recueil poético-philosophique de Saint-Exupéry apporte à chaque âge son lot d’émerveillement et un nouveau visage à la rose, au renard et au serpent. Et que dire du buveur…. Si la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, on n’oublie le Petit Prince que parce qu’on oublie qu’on a … Lire la suite

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Hue Cocotte

Il est une espèce post-néandertalienne qui peuple nos univers policés du 21e siècle sans que ni chasseurs ni écologistes ne s’en soucient. Malgré l’absence de signes distinctifs visibles de prime abord, ces primates s’élevant sur leurs pattes antérieures pour marcher d’une façon qui n’évoque somme toute à peu près rien d’autre qu’un homme qui marche, on peut les reconnaître à certains symptômes particuliers, à commencer par un vocabulaire quelque peu limité où l’on note l’absence de verbes tels « émincer », « glacer », ou encore « mijoter ». Également dotés de repères spatiaux déficients, les spécimens que j’ai eu … Lire la suite

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Je vais bien, ne t’en fais pas

Il y a des regards perdus portés par des femmes-enfants fragiles. Il y a des écrivains sensibles qui les font vivre avec des mots simples, des mots brefs, des phrases courtes, comme fauchées avant d’avoir grandi. Claire est entre parenthèses depuis le départ de Loïc. C’est elle l’aînée, mais c’était quand même lui le grand frère. C’est lui qui la défendait, qui l’entraînait. Elle ne savait pas quoi faire de sa vie alors il savait pour deux. Elle ne savait pas où aller alors qu’il se donnait les moyens de voyager. Et puis, un jour qu’elle était en vacances et … Lire la suite

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Un roman français

Il n’a pas été très difficile d’attiser ma curiosité littéraire avec cet ouvrage primé. Tout comme la prescriptrice de cette lecture, je ne suis pas familier et encore moins fan de la grande anguille télévisuelle et poilue dont j’ai déjà, par hasard sans doute, lu les « Nouvelles sous ecstasy » qui ne m’ont laissé que leur titre en guise de souvenir. Depuis, Frédéric Beigbeder, dont on ne sait jamais où placer le i dans le patronyme, sniffe de la cocaïne sur les capots de voiture devant des flics plus consternés qu’effarés (à moins que ce ne soit l’inverse). La consternation … Lire la suite

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Je ne mangerai plus de cerises en hiver

La littérature politique est loin d’être mon genre de prédilection. J’ai le vague souvenir d’avoir lu « l’ardeur » de Jacques Chaban-Delmas qui traînait dans les toilettes chez mes parents, probablement parce qu’à l’époque, de toute ma vie, je n’avais connu que lui comme maire. Son successeur à la mairie de Bordeaux, Alain Juppé, était donc tout désigné pour être le suivant sur ma liste d’écrivains-politiques. J’ai commencé à m’intéresser à lui, en tant que personne – ce que je dissocie de la personnalité politique – lorsque sa venue pour enseigner au Québec a réussi à ne pas passer inaperçue à cause … Lire la suite

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Naissance des fantômes

Son mari a disparu. Pourtant, ça ne disparaît pas comme ça un mari, d’habitude. Pas en allant acheter du pain. Pas juste comme ça, en revenant du travail, dans une ville côtière ou tout, simplement parce qu’un mari a disparu, va perdre son âme. Elle perd son mari et le vide devient palpable, visible. Où se réfugie l’esprit lorsque son mari de sept ans, sans visage et sans passions suspectes disparaît ? Quelle introspection métaphysique naît de nos actions, ou de nos inactions, ou du murmure des vagues, ou du claquement d’un pétard, comme une porte refermée par un mari comme … Lire la suite

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